La ministre de la Santé Roselyne Bachelot s'exprime à l'Assemblée nationale, le 20 janvier 2010

 

Mme Bachelot a admis mardi qu’il persistait “des inégalités territoriales” dans l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), avec des délais d’attente de parfois plus de 15 jours, et a déploré “un manque d’information sur la sexualité et la contraception”.

Pour y remédier, elle veut notamment “renforcer” les centres de planification et mettre en place “un accès gratuit et anonyme à la contraception pour les mineures” via des consultations auprès de médecins volontaires. Elle prévoit aussi de revaloriser en 2010 “d’au moins 10%” la rémunération des établissements pratiquant des IVG chirurgicales.

Le rapport remis par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pointe notamment le fait que “les IVG tardives ne (soient) pas prises en charge partout” et note qu’il persiste des “goulots d’étranglement dans certaines zones de fortes demandes”, notamment les grandes villes.

Le nombre d’établissements pratiquant l’IVG est passé de 729 en 2000 à 639 en 2006, réduisant de fait le choix quant aux méthodes d’IVG. “Peu attractive” pour les personnels de santé et pour les établissements, l’IVG chirurgicale est de moins en moins pratiquée.

Côté prévention, il y a un “niveau préoccupant” d’échecs des moyens de contraception (72% des IVG sont réalisées sur des femmes sous contraception).

Quant aux jeunes, leur droit à la contraception “leur est dénié dans les faits” et l’Education nationale ne joue pas suffisamment son rôle en matière d’éducation sexuelle. Le coût de la contraception est jugé souvent trop élevé, jusqu’à 175 euros annuels pour un timbre contraceptif hebdomadaire.

Ségolène Royal, la présidente PS de Poitou-Charentes, a réagi en attaquant vivement le gouvernement, déplorant qu’il “bloque” dans sa région son initiative d’un “Pass contraception”, qui doit donner aux mineures un accès gratuit à la consultation médicale et à la contraception.

Pour leur part, les associations féministes ont globalement jugé positives mais insuffisantes les mesures annoncées par Mme Bachelot.

“Nous serons satisfaites si la volonté politique est suivie de moyens”, a dit à l’AFP la présidente du Mouvement du Planning familial, Carine Favier, qui a regretté l’absence “d’annonces fortes sur le remboursement” des contraceptifs.

Pour Chantal Birman, cadre de l’Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (Ancic), “il faut autoriser les sages-femmes à faire des IVG, y compris par aspiration”.

“Toute une génération de médecins militants des droits des femmes vont bientôt partir à la retraite”, s’est inquiétée cette sage-femme.

“Si Mme Bachelot veut améliorer l’accès à l’IVG, il faut remettre en cause sa logique de restructurations hospitalières”, a de son côté lancé Maya Surduts, de la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac).

L’association Ni Putes Ni Soumises a demandé au gouvernement “d’en faire plus”, soulignant que la contraception restait “un interdit” dans les quartiers populaires et s’inquiétant des fermetures de centres d’IVG.

A contre-courant des associations féministes, le mouvement anti-avortement Alliance pour les droits de la vie a dénoncé un “rapport consternant”, jugeant que “l’urgence (était) d’aider les femme.

Source: M6.FR